Je me souviens… d’un concert

Je me souviens du jour où je suis allée à un concert de djembés dans Paris. A l’arrivée je me retrouve assise à côté d’un juge des enfants avec lequel je travaille. Nous sommes très serrés, l’ambiance est musicale et il fait très chaud. Nous sommes contraints de nous déshabiller un peu. .. Il enlève manteau, cravate, veste.. Chacun d’entres nous a un djembé sur son siège et c’est nous, public, qui allons accompagner les musiciens. Je me retrouve dans cette ambiance conviviale et chaleureuse, accompagnée du juge qui participe avec énergie et nous nous retrouvons très vite en sueur à force de taper sur nos instruments, confinés sur nos sièges au milieu de 200 personnes. A la fin du spectacle, l’animateur nous invite à nous masser les uns les autres!” vous allez masser votre voisin de gauche et il vous massera ensuite”. Le juge des enfants est à ma gauche….Me voilà partie à le masser et lui en retour alors que le fou rire me prend dans ce contexte si singulier et si lointain des salles d’audience du tribunal. Un sacré souvenir à la sortie, chacun reprenant sa place avec une pointe d’ironie pour la suite du travail.

Je me souviens… d’une visite en maison d’arrêt

Je me souviens d’une visite à la maison d’arrêt de Fresnes afin rencontrer le père d’un bébé pour lequel nous avions une MJIE à mener. Son père était incarcéré dans une affaire d’AMT. L’homme arrive et nous lui expliquons les raisons de notre présence, la situation pénale particulière dans laquelle il se trouve et lui demandons quelle place il veut prendre dans la vie de son enfant qui vient de naitre en détention, la mère étant aussi incarcérée dans la même procédure. L’homme nie sa paternité ainsi que son implication dans de tels faits. Nous nous disons alors que les choses vont être compliquées car la mère de l’enfant compte beaucoup sur lui. Il maintient sa position de retrait. Nous doutons alors et reprenons les choses en insistant sur le fait que nous venons pour lui permettre de reconnaitre son enfant, de donner un avis alors qu’il risque de rester longtemps en prison. L’homme se replie et nous commençons à ne plus savoir comment aborder les choses. Nous lui faisons préciser son identité et il confirme bien le nom et le prénom de la personne que nous avons demandé à voir. Il nous dit que son prénom est composé, information que nous n’avions pas. Nous poursuivons mais rapidement faisons le constat qu’il doit y avoir erreur sur la personne, que ses réactions hostiles doivent être  légitimes alors que nous tentons depuis un quart d’heure de clarifier nos intentions. L’erreur est confirmée. Il ne s’agit pas de la bonne personne mais de son homonyme. L’homme repart soulagé et nous nous excusons de ce malentendu. La situation est ubuesque. Nous finissons par rire en attendant que la bonne personne arrive enfin.