Je me souviens… avec « La guerre des boutons ».

Je viens de regarder « La guerre des boutons » et avec ce merveilleux film, mes souvenirs d’enfance me reviennent. Je me sens sourire avec une pointe de nostalgie. De fil en aiguilles, je me remémore des rencontres avec certains jeunes, alors que j’étais éducatrice…

Eddy et son berger allemand, dont j’ai oublié le nom, Olga je crois. Je suis en congé et en plein travaux de peinture. L’heure passe et je n’ai plus choix, je dois filer à la pharmacie avant qu’elle ne ferme. Une fois servie, je me retourne pour sortir et Eddy est là avec son chien. Il semble m’attendre. Je suis alors consciente que l’éducatrice que je suis est sortie avec le jogging le plus pourri de la terre, plein de peinture, tout autant que mes mains et mes cheveux. Je suis de plus affublée de chaussons ridicules. J’aimerais ne l’avoir jamais croisé à cet instant, mais il est là, avec un immense sourire. Ne sachant plus que faire, je sors de la pharmacie et c’est alors qu’il me dit : « je vous ai vue en voiture, j’ai demandé à ma mère de faire demi-tour pour vous dire bonjour ». Merci Eddy pour ce demi-tour que je n’oublierai pas.

Me revient en mémoire Sonia, ce petit bout de femme de 13 ans, capable de retourner le bureau de la juge, de la menacer copieusement et de renverser sa tasse de thé sur ses dossiers pour être en CEF comme sa sœur aînée, qui semble y évoluer positivement… Un jour, de colère, elle me dira dans les escaliers du service : « mais tu es MA PJJ »….

Alors que je quitte mon unité après presque une décennie de présence, je prends congés des jeunes que j’ai accompagnés.

Je viens dire au revoir à Younes à son domicile, puisqu’il daigne rarement venir jusqu’au service. Je me fais sentencieuse, évoquant 4 années de suivi difficile et mon regret de n’être pas parvenue à faire plus. C’est alors qu’il me coupe la parole, me regarde dans les yeux avec un grand sourire et me tend la main que j’accepte avec ces mots : « Merci Madame pour ces 4 années qui n’ont servi à rien » …

Dans le même contexte, je prends congé de Badiss en présence de sa mère. Badiss, ma plus grosse énigme, mon échec le plus cuisant. En 4 ans, il n’a jamais été en mesure de me regarder et pour tout échange, j’ai monologué durant toutes ces années face à un mur. Au moment des adieux, devant la porte de sortie du service, Badiss me regarde, me serre la main et je l’entends dire : « merci Madame pour tout ce que vous avez fait pour moi ». Je regarde sa mère qui a les larmes aux yeux et pour mieux ravaler les miennes, je m’entends dire : « vous n’allez tout de même pas pleurer »….en pensant très fort à moi.

Aziz… Je travaille en détention. C’est un samedi d’hiver et je dois accueillir un jeune dont c’est la première incarcération. J’ai en face de moi un petit bonhomme frêle et nerveux avec de grands yeux bleus. Il me raconte son histoire, triste au possible et qui me bouleverse. A un moment, il se met à pleurer à chaudes larmes et hoquetant me demande un mouchoir. Son nez coule de trop de pleurs. Gênée, je lui explique que je n’ai dans ma poche que celui dont je viens de me servir quelques minutes plus tôt. Il me dira alors, « ça ne fait rien ». Je lui tends donc mon mouchoir usagé dans lequel il se mouche copieusement. Il poursuit son histoire et je ne souviens pas avoir vu un adolescent pleurer autant à l’évocation de ses souvenirs. C’est alors que je sens les larmes me monter aux yeux. Pour ne pas les laisser couler, je demande à Aziz de me passer le mouchoir qu’il triture dans sa main. Ses pleurs cessent, il me regarde avec stupeur et me dit : « mais je l’ai utilisé, il est sale ». Je m’entends lui répondre : « c’est pas grave, il était déjà sale avant. On va sortir de cette pièce la tête haute, il y a des jeunes dans le couloir »….

Ma première rencontre avec l’institution :

On me demande de faire parvenir à la Direction Départementale un certificat de scolarité de ma fille. Je m’exécute depuis mon domicile, en joignant au dit certificat un courrier, que je signe. 2 semaines plus tard, mon courrier me revient sur mon lieu de travail avec un post-it sur lequel est inscrit « veuillez apprendre à passer par votre hiérarchie ».

Je me souviens… d’un mois de décembre venteux et froid.

Un jour de décembre venteux et froid, je me dirigeais vers un CEF pour un premier entretien d’embauche. J’étais psychologue depuis 6 mois en poste dans un IME. Après un passé d’éducateur, j’avais effectué une reconversion professionnelle mais toujours dans l’optique d’intervenir auprès d’adolescents en souffrance et si possible en internat. Comme pour chacun de mes derniers entretiens, j’étais arrivé un peu en retard du fait d’un démarrage difficile de l’antiquité qui me servait de véhicule depuis plus de 15 ans.
En arrivant sur la structure, je fus accueilli par une grille sinistre avec un interphone récalcitrant. Après avoir consciencieusement fais sonner les trois boutons disponibles à plusieurs reprises, une petite dame a ouvert une porte du bâtiment et m’a interpelé pour savoir qui j’étais et ce que je venais faire ici. Au moment ou je criais mon nom et le fait que j’avais un rendez vous pour un poste de psychologue, j’eu le sentiment qu’il allait falloir que je m’affirme si je désirais pouvoir travailler ici. Quelqu’un est venu m’ouvrir dans un silence glacial. On me fit passer deux grillages et deux portes (toutes fermées à clé), avant de me faire attendre à l’administration. Je fus observé de la tête aux pieds par plusieurs éducateurs prenant le café. Je saluais poliment le personnel éducatif en tentant de reprendre contenance.
Un Monsieur aux cheveux gris est venu me chercher en se présentant à moi comme le psychiatre de l’institution. Nous avons échangé sur mon parcours et mes motivations, il m’a questionné sur ma manière d’intervenir auprès d’équipe éducative, d’adolescents rencontrant des difficultés. En diesel de l’exercice d’entretien d’embauche, je commençais par des généralités avant de me montrer plus personnel dans le choix de mes réponses, mais à 3 reprises lorsque j’avais cru trouver mon rythme de croisière, l’alarme incendie se mettait à sonner et nous devions évacuer le bâtiment.
A l’extérieur je croisais les regards d’adultes énervés et de jeunes hilares et provocateurs. Selon ma mémoire prospective, il me semble qu’un RUE est venu à la troisième sonnerie, avec un regard noir et a houspillé le groupe de jeunes en les menaçant de supprimer leurs gratifications. Lorsque l’Alarme a retenti pour la 4ème fois, le Docteur et moi avons choisi de rester dans le bureau et de finir notre entretien. Dix minutes plus tard, je repartais en courant sous une pluie diluvienne et ce qui allait devenir pour moi une sonnerie habituelle pendant près de 4 ans.
Pendant ces années, j’ai accompagné les jeunes et les professionnels dans leur cheminement. Pour les uns comme les autres j’ai tenté de leur permettre de mettre du sens sur ce qu’ils avaient pu faire et sur ce qui se jouait pour eux dans le présent. Certains ont pu s’en saisir et d’autres n’ont pas pu même essayer, mais beaucoup ont semblé être renarcissisés par mon envie de les écouter et de les comprendre sans jamais les juger.
Ceux qui ont travaillé avec ce public savent avec quelle facilité les jeunes accueillis peuvent diviser les équipes. La notion d’homologie fonctionnelle peut sans doute expliquer pourquoi les positionnements sont si souvent clivés en bons et mauvais objets. Mais ce que j’ai cru comprendre ici c’est que la cure institutionnelle ne semble prendre sens pour le sujet qu’à la condition où l’institution, dans ses individualités, puisse représenter une entité. Ainsi en soldat de l’ombre j’ai tenté de permettre l’expression des points de vues, parfois leurs confrontations, leur complémentarité, en ramenant en point de mire l’intérêt du jeune dans son besoin compulsionnel de rejouer sur la scène institutionnelle des aspects de sa problématique familiale.
J’ai pu parfois observer de belles histoires mais aussi des échecs flagrants dans nos prises en charges. Ayant depuis quitté la PJJ, pour des raisons administratives, je garde aujourd’hui une affection particulière pour ces enfants résistants et ces professionnels engagés. J’ai tenté d’y apporter ce que je pouvais mais en réalité il me semble surtout avoir beaucoup appris de chacun.

Je me souviens… d’un concert

Je me souviens du jour où je suis allée à un concert de djembés dans Paris. A l’arrivée je me retrouve assise à côté d’un juge des enfants avec lequel je travaille. Nous sommes très serrés, l’ambiance est musicale et il fait très chaud. Nous sommes contraints de nous déshabiller un peu. .. Il enlève manteau, cravate, veste.. Chacun d’entres nous a un djembé sur son siège et c’est nous, public, qui allons accompagner les musiciens. Je me retrouve dans cette ambiance conviviale et chaleureuse, accompagnée du juge qui participe avec énergie et nous nous retrouvons très vite en sueur à force de taper sur nos instruments, confinés sur nos sièges au milieu de 200 personnes. A la fin du spectacle, l’animateur nous invite à nous masser les uns les autres!” vous allez masser votre voisin de gauche et il vous massera ensuite”. Le juge des enfants est à ma gauche….Me voilà partie à le masser et lui en retour alors que le fou rire me prend dans ce contexte si singulier et si lointain des salles d’audience du tribunal. Un sacré souvenir à la sortie, chacun reprenant sa place avec une pointe d’ironie pour la suite du travail.

Je me souviens… d’une visite en maison d’arrêt

Je me souviens d’une visite à la maison d’arrêt de Fresnes afin rencontrer le père d’un bébé pour lequel nous avions une MJIE à mener. Son père était incarcéré dans une affaire d’AMT. L’homme arrive et nous lui expliquons les raisons de notre présence, la situation pénale particulière dans laquelle il se trouve et lui demandons quelle place il veut prendre dans la vie de son enfant qui vient de naitre en détention, la mère étant aussi incarcérée dans la même procédure. L’homme nie sa paternité ainsi que son implication dans de tels faits. Nous nous disons alors que les choses vont être compliquées car la mère de l’enfant compte beaucoup sur lui. Il maintient sa position de retrait. Nous doutons alors et reprenons les choses en insistant sur le fait que nous venons pour lui permettre de reconnaitre son enfant, de donner un avis alors qu’il risque de rester longtemps en prison. L’homme se replie et nous commençons à ne plus savoir comment aborder les choses. Nous lui faisons préciser son identité et il confirme bien le nom et le prénom de la personne que nous avons demandé à voir. Il nous dit que son prénom est composé, information que nous n’avions pas. Nous poursuivons mais rapidement faisons le constat qu’il doit y avoir erreur sur la personne, que ses réactions hostiles doivent être  légitimes alors que nous tentons depuis un quart d’heure de clarifier nos intentions. L’erreur est confirmée. Il ne s’agit pas de la bonne personne mais de son homonyme. L’homme repart soulagé et nous nous excusons de ce malentendu. La situation est ubuesque. Nous finissons par rire en attendant que la bonne personne arrive enfin.

 

Je me souviens… d’un jour

Je me souviens d’un jour ou j’avais pas mal débordée sur mes heures supplémentaires, je me dirigeais vers ma voiture et mon petit référé (j’étais beaucoup sur son dos…) me dit depuis le perron : “- Eh ! Najet tu as bien noté toutes tes heures sup sur le cahier ??? “

J’AI TROUVE CETTE ATTENTION TELLEMENT BIENVEILLANTE…

La bienveillance c’est dans les deux sens…..

Qui sommes nous?

ÉTAPE (équipe des transitions adolescentes et de prévention des exclusions) est un dispositif public régional co-construit par le département de psychiatrie de l’Institut Mutualiste Montsouris, la Protection Judiciaire de la Jeunesse d’Ile-de-France/Outre-mer et l’Agence Régionale de la Santé d’Ile-de-France, à partir du DERPAD (Dispositif Expert Régional Pour Adolescents en Difficulté). Le dispositif ÉTAPE vise à dynamiser et articuler les moyens sanitaires et éducatifs existants en portant une attention particulière aux moments de transition vécus par les adolescents.

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Je me souviens… de chaque regard…

Je me souviens de chaque regard…….

La rencontre ou simplement rencontrer l’autre….oui l’autre…..celui qui n’est pas nous, qui n’est pas moi, mais qui viens à moi. Mais qui es t-il ?

Un jour,  j’ai entendu quelqu’un exposer une théorie noble sur la rencontre avec l’autre. Je buvais goulument son propos, tellement il me transcendait….chacun de nous, aurait « une marmite » ???? Pas une casserole trainant dans nos pieds et nous explosant les tympans,  à tout va.

Non, une « marmite », qui contiendrait tout de nous, notre être, notre foi, notre culture, notre histoire, nos rêves, nos origines, nos pleurs, nos sourires et surtout nos espoirs. Dans une rencontre, les marmites fusionneraient pour créer un arc-en-ciel, une musique douce et apaisante, un frisson et peut-être une complicité.

A chaque fois, que chacun d’entre nous, accepte d’ouvrir sa marmite pour montrer à l’autre son contenu et pourquoi pas, l’autoriser à le puiser,  pour en tirer la force d’avancer, de se tolérer, de se pardonner et de s’aimer assez pour survivre entre les vivants…le silence s’installe, le cœur bat à l’unisson et les regards se croisent…..une nouvelle histoire commence alors à naitre, car l’autre s’est rappelé de son essence et de son entièreté.

Ce regard, celle qui vous marque dans le cœur. Un regard qui se suffit de toute explication, qui insuffle à l’autre ce message d’espoir… « Je suis là, je suis vivant et j’appartiens au monde »

Chaque regard dans sa profondeur et sa délicatesse, de nos yeux, du tréfonds de notre âme, ne peut se cacher, ne peut tricher sur son humanité. Ce regard est nudité, purifié de toute souillure, vrai, authentique et in finereflète notre propre humanité.

Je me souviens de chaque regard……

 

Djamadar Wardat, assistante sociale

Je me souviens… de Liz

Je me souviens de Liz.

Liz flottait dans son corps.

Liz était encombrée par ce corps, par ses formes.

Liz était étrangère à elle-même. 

Alors, Liz maltraitait son corps.

Elle SE maltraitait. 

Elle l’affichait devant des inconnus,

Sans pudeur aucune. 

Elle l’offrait. 

Elle le proposait et l’autre disposait.  

Elle le vendait. 

Liz voulait devenir Cheffe d’orchestre et mener son monde à la baguette. 

Mais parfois, c’est elle qu’on menait à la baguette. 

Sur son corps, des traces de spermes appartenant à différents propriétaires. 

Une tournante? Non un viol en réunion!

Les mots ont un sens. 

Les mots sont importants. 

Mal nommer les choses rajoute du malheur…

Liz ne se regardait pas, elle ne s’aimait pas. 

On ne l’a pas aimée de toute façon. 

On l’a abusée sexuellement. 

« On » peut vraiment être un con, une ordure, un père….

Liz avait quelques mois, c’était un bébé. 

Le Chili.

Elle ouvrait à peine les yeux sur le monde!

Liz était à quelques mois de sa majorité, c’était une jeune femme.
La France.

Elle était d’une très grande sensibilité!

La plaie était béante. 

Les maux étaient criants. 

Alors, nous ramions pour évoquer l’indicible, pour rassembler le corps et l’esprit, pour rassembler le tout.
Pour passer du corps honteux, objet des autres, au corps libéré, assumé. 

Pour oser désirer. 

Nous naviguions dans le sang, le sperme et les larmes.

Entre hauts le cœur et dégoût. 

Et dans cette histoire sordide parfois un sourire traversait l’une d’entre nous. 

Un « nous » qui offrait un espace de liberté. 

Un « nous » qui formait un tout, un lien, un liant. 

Une relation qui permettait la transmission, l’éducation.

Trois femmes,

Je me souviens.

Elodie ALESSANDRI GOTSZORG,

Éducatrice PJJ

 

Je me souviens…

Les individus écrivent leur futur, leur histoire. ÉTAPE se propose de favoriser l’historicisation pour et par les jeunes.

Les institutions qui accueillent ces adolescents ont aussi leur histoire. Elles regorgent de récits singuliers, émouvants, incongrus, drôles voire extraordinaires qui se perdent souvent lors des mutations, retraites, départs.

ÉTAPE se propose de jouer un rôle de “passeur” au travers du recueil de ces “petites histoires” des personnes autour d’événements marquants. Ces témoignages recueillis et publiés ici même permettront sans doute aux professionnels d’aujourd’hui d’enrichir leur mémoire et d’envisager l’importance de laisser une trace de leur vécu professionnel pour les générations futures.

Nous vous invitons dès maintenant à nous faire parvenir, nominativement ou anonymement, un récit authentique d’un moment marquant!!

votre texte devra commencer par “Je me souviens…”

Envoyez-nous vos contributions à l’adresse lucile.marault@etape.info en précisant JE ME SOUVIENS dans l’objet de votre mail.

 

 

Je me souviens… C’était cette humanité…

C’était M., plus jeune incarcéré de France, à son époque, treize ans et demi, qui me disait : « elle s’prend pour qui la juge, c’est pas ma mère ». Alors que sa mère…

C’était D., quinze ans et demi, obèse, en agitation perpétuelle, qui entre deux doses de Tercian déclamait à longueur de journée qu’il avait envie de chier dans une bouche.

C’était cette collègue qui m’insupportait avec ses mains noueuses, fausses et ses sourires forcés, jouant à l’apprentie sorcière, qui avait fait du leurre son fonds de commerce.

C’était cette juge qui invariablement se retournait vers moi et me demandait, alors monsieur, que fait-on.

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Je me souviens… de ces phrases…

Je me souviens de ces phrases dites par les jeunes que j’ai noté en hâte pour ne pas les oublier:

– “Je ne mange pas l’entrée car je ne connais pas la sortie.”

– “Je voudrais une salade d’un peu de tout.”

– ” Je fais bientôt 1m90.”

– “C’est rouillé à l’huile d’olive.”

Voici…

Je me souviens… de ce lundi 20 janvier 2014

Je me souviens de ce lundi 20 Janvier 2014…

Je suis là, à attendre un collègue de milieu ouvert qui vient faire le point avec moi sur la situation de notre petite jeune…
La synthèse se passe, échanges agréables et orientations pour la jeune pensées ensemble…quel bonheur de pouvoir travailler en lien…ça se perd tellement et c’en est tellement triste…Du coup, je loupe pas le coche et savoure ce moment constructif…
 
Mieux encore, nous choisissons de rendre actrice la jeune fille et nous lui demandons ce qu’elle souhaiterait pour son avenir…Elle entre, elle est heureuse et épanouie…c’est son anniversaire, elle a 17 ans aujourd’hui…c’est une jeune femme désormais et nous la joignons à nos réflexions…

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Je me souviens…. Schéhérazade

Je me souviens… de l’audience de placement de la petite Schéhérazade. Elle avait 4 ans. Après une mesure d’investigation, l’assistante sociale et moi là suivions dans le cadre d’une Aemo.

Devant des faits avérés de maltraitance, que nous avons relayé au magistrat, celui-ci provoque une audience en vue d’un placement en urgence. Comme nous connaissions bien la mère, débordée par ses tourments, et  Schéhérazade, la juge pour enfants nous demande de réaliser le placement immédiatement après l’audience prévue en fin d’après-midi.

Celle-ci promettant d’être houleuse, je suggère à ma collègue de garer la voiture dans le parking réservé au personnel du Tribunal. Continuer la lecture