Je me souviens… ne pouvoir me souvenir.

Je me souviens ne pas l’avoir vu… j’ai vu sa mère, j’ai vu les intervenants du collège, les éducateurs, le foyer, son appartement… j’ai vu l’école ou il jouait enfant, les rues ou il marchait, l’immeuble, les escaliers, j’ai vu le ciel qu’il voyait… mais lui, je ne le voyais pas…

à tel point que je me questionnais, me demandant s’il existait vraiment, est-ce un songe, un nuage,
une épreuve ?
Je demandais autour de moi, aux collègues, à tous, l’avez-vous vu ?
Que nenni ; personne…


Quand un jour, il était 16heures, dans le salon, au domicile, la mère, il est encore dans sa chambre… j’attends… je patiente, je vais le voir, le voilà, il arrive…

Apparait alors un jogging, dans ce jogging un humain, sur son visage une capuche qui cache la totalité de son apparence… est-ce bien lui ? Est-ce un autre ? Jogging, capuche, cache-nez, rien n’est visible de lui, rien, le son de la voix, peut-être… non plus!!! rien… il est des situations cocasses ou notre déstabilisation prend des allures de folklore et de bal masqué…
je l’ai vu, mais depuis je me demande ce que peux vraiment signifier le verbe “voir”.